Je suis désolée de ne pas avoir donné signe de vie depuis un bon moment, mais me voila de retour, et ce blog va donc continuer à s'étoffer.
Par hasard, ou plutôt par ce que l'information a énormément circulé, j'ai appris que le cinéaste Roman Polanski, avait été arrêté en Suisse, puis transféré aux Etats Unis. Voyant que Mittérand et Kouchner semblaient particulièrement outrés par cette arrestation, j'ai décidé d'en savoir un peu plus sur l'affaire. Je ne connais que très peu le palmarès cinématographique du polonais, si ce n'est ces grandes oeuvres, à l'instar de "Repulsion", "Le bal des vampires" ou "Rosemary's baby". Je ne vais pas épiloguer sur sa carrière, ni sur son enfance en tant qu'enfant israélite dans le ghetto de Cracovie, mais aller à l'essentiel, aux faits.
Voici le rappel de ces faits, tel qu' ils sont contés, selon le journaliste Hugo Dumas :
Il semble bien que le cinéaste Roman Polanski, 69 ans, exilé en France depuis 1977, compte encore beaucoup beaucoup d'ennemis aux États-Unis. Et que plusieurs d'entre eux font des pieds et des mains pour saboter son “grand retour dramatique” à la prochaine cérémonie des Oscars. Cette semaine, le site Web The Smoking Gun a publié, en primeur, certains détails jusque-là encore inconnus de l'agression sexuelle que Polanski a commise sur une jeune fille de 13 ans alors qu'il faisait la fête dans la maison de Jack Nicholson, à Hollywood, en 1977. Polanski a tout d'abord offert du champagne et une pilule de Quaalude à la jeune fille, Samantha Geimer, aujourd'hui mère de trois enfants et âgé de 39 ans. Le réalisateur de Rosemary's Baby lui a ensuite dit qu'il voulait prendre des photos d'elle pour le Vogue français. “Enlève tes sous-vêtements et va dans le jacuzzi”, aurait ordonné Polanski, qui a lui-même rapidement ôté tout ses vêtements pour rejoindre son sujet dans le bain à remous. Plus tard, Polanski aurait pénétré et sodomisé Samantha Geimer, jusqu'à ce que la conjointe de Jack Nicholson, l'actrice Anjelica Huston, frappe à la porte et demande ce qui se passait. Geimer a confié à un jury californien “avoir dit non à Polanski plusieurs fois” et qu'elle “avait peur de lui”. Polanski s'est toujours défendu en soutenant que Geimer était consentante. Un vrai cas de Répulsion, il va sans dire.
A la lecture de ce qui est reproché à cet homme, on ne peut qu'avoir le c½ur soulevé. On se demande comment ce monstre a pu vivre dans l'opulence, profiter pleinement de son métier, provoquer des harangues de fans, nager parmi les d'Oscars et autres récompenses alors qu'il a avoué lui même avoir abusé sexuellement de la jeune fille. J'ai honte que mon pays, la France, ait permis à ce criminel de se rendre sur son sol afin d'éviter une condamnation bien méritée. Délais de prescription (qui n'existe pas aux USA pour les crimes) ou non, quelle importance ? Ici, ce qui importait était la justice avec un grand J, et surtout de montrer que nous sommes tous égaux face à nos fautes. Qu'à cela ne tienne, ce n'est pas ce que pensent Kouchner et Mittérand, dont je vais relever les arguments, pour le moins fallacieux. Leur défense me choque, mais ne m'étonne pas pour autant. Au contraire, au moins, ces deux ministres sont très cohérents avec leur passé et leurs idées, ce qui est encore plus grave.
En premier lieu, il est évoqué la carrière artistique pleine de faste et de gloire de l'intéressé. Je poserai tout simplement la question suivante : quel est le rapport ? Existe t'il une immunité artistique ? Avec le réseau, surement plus qu'ailleurs, mais cela ne saurait servir d'argument pour dédouaner des personnalités, déjà protégées, et osons le dire, honteusement privilégiés par rapport au reste de la population. Cet argument, en plus de n'avoir aucune cohérence, nargue les citoyens des classes populaires et moyennes, dont certains auraient pu rêver de leur propre heure de gloire.
Le deuxième argument qui est avancé est l'antériorité des faits. Ils se sont déroulés il y a maintenant plus de trente ans. Néanmoins, comme Polanski est toujours recherché aux Etats Unis, et que la Suisse a signé un Traité d'extradition avec les Etats Unis, celui-ci datant de 1990, la question ne devrait même pas se poser. De ce fait, la faute revient à Roman Polanski, qui aurait du prendre en compte le droit national Suisse, leurs autorités n'ayant que rempli leurs obligations vis à vis d'un partenaire. Légalement, tout est respecté. On se demande donc encore, avec plus d'insistance, pourquoi nos "têtes pensantes" en viennent à pousser des cris d'orfraies.
Dernièrement, il est fait mention de sa propre enfance difficile. Elle l'a été, certes. Cependant, est ce que Polanski a vécu ne serait ce qu'un tiers des difficultés dont peuvent souffrir des gens modestes durant toutes leurs vies ? Je n'en suis pas sure. Subissait-il encore, au moment des faits, une carence alimentaire ou un traitement contraire à la dignité humaine ? Au contraire, il barbotait dans le jacuzzi de Jack Nicholson.
Revenons maintenant à ses défenseurs invétérés. Le cas Mittérand est le plus choquant. Bobo-gauchiste jusqu'au bout des ongles, traître de sa famille politique pour rejoindre la mafia Sarkozyste, le voila qui est censé représenter la culture dans le gouvernement Fillon. Quelle culture au juste ? Son accointance marquée, et son empathie vis à vis du sort de Polanski ne vous étonnera plus après avoir lu un passage de son livre. Je vous conseille de bien souffler et de faire le vide autour de vous avant de le lire, car vous allez être eccoeurré. Voici la citation délictueuse :
« J'ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j'ai lu ce qu'on a pu écrire sur le commerce des garçons d'ici .[...] Je sais ce qu'il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n'en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m'empêche pas d'y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m'excitent énormément [...]
On ne pourrait juger qu'un tel spectacle abominable d'un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable [...] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n'ai plus besoin de réfréner ou d'occulter. L'argent et le sexe, je suis au c½ur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu'on ne me refusera pas. »
Alors qu'il s'exprimait en ces termes sur l'affaire qui nous concerne : « Il y a une Amérique généreuse que nous aimons et il y a aussi une certaine Amérique qui fait peur et c'est cette Amérique là qui vient nous présenter son visage », je ne peux vous confier que pour ma part, c'est lui qui me fait peur. Je me sens honteuse, impuissante, de savoir que nous acclamons des hommes pouvant tenir de tels propos. A côté de ça, encore l'autre jour les médias faisaient un foin pour une déclaration banale de Mathieu Kassovitz. La France de ces dernières années me semble souvent fonctionner à l'envers, à l'encontre toute éthique, de toute cohérence déontologique. Le fossé se creuse de plus en plus entre les français et ceux qui se disent représenter cet état. Par ses déclarations, Frédéric Mittérand fait incontestablement partie de ceux qui ne nous représentent pas.
Je vais finir mon article avec l'éternel Kouchner. Je vous en avais parlé pour son comportement odieux à l'endroit du peuple serbe, et il est aujourd'hui, encore une fois, loin de ma pensée. Pour faire simple, à chaque fois que Kouchner dit rouge, je pense vert. C'est quasiment systématique (et même pas fait exprès). Comme son ancien compère Jack Lang, Kouchner est très "ouvert d'esprit" sur la question de la sexualité infantile. Soixante-huitard, il faisait partie de ceux qui soutenaient les dérives allant avec l'aphorisme "il est interdit d'interdire". Problématique biaisée du bourgeois exigeant de ses marmots l'obéissance, la droiture et une sexualité "sage". Kouchner répond à cette agression "bourgeoise" par la volonté de la libération sexuelle des enfants et des adolescents. Je démonterai cette thèse sommairement après la citation de la pétition, qu'il a signé, protégeant 3 pédophiles.
En 1977, des communistes aux « nouveaux philosophes » toute l'intelligentsia signe une pétition en faveur d'inculpés dans une affaire de pédophilie : Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, Francis Ponge, André Glucksmann, Bernard Kouchner, François Chatelet, Patrice Chéreau, Philippe Sollers, Félix Guattari, Jack Lang. Il s'agit alors de « libérer » les enfants de l'oppression de ces institutions que sont la famille, l'école ou l'église. La pédophilie est une arme de guerre pour détruire l'ordre ancien.
Il était alors dans l'ordre du temps de vouloir briser "le phallus du père" en cassant son autorité, même en ce qui concerne la sexualité infantile. Le sulfureux rouquin a suffisamment surfé sur cette vague pour que je perde mon temps à préciser longuement les propos en question. Il ne faut pourtant pas sortir de l'ENA pour savoir que ce sont justement, le plus souvent, des bourgeois ou des adultes maniaques, qui profitent de la sexualité des très jeunes filles (ou hommes) à leurs dépens. Jouïr tout de suite, et sans entrave, prendre par revers les profanes, dans une jungle ou les sentiments ne comptent que très peu. Profiter d'un corps comme d'un bien, et le laisser choir dans sa désolation, voila la réelle face de la sexualité infantile, initié par des pervers. On entre justement dans le système de Frédéric Mittérand, de gauche et humaniste avec l'argent des autres, mais dont le système de référence reste l'alliance pernicieuse du sexe et de l'argent. Profiter de ses assises pour asservir dans tous les domaines, même en dessous de la ceinture. La barrière morale tombe comme un château de cartes, au profit de riches profiteurs dégueulasses. L'éducation des parents, remise en question, éloigne le périmètre d'action et d'éducation de ceux-ci auprès de leur descendance charnelle, brisant un segment culturel et moral dont leurs enfants ont pourtant besoin. Cela aboutit, par l'irrationalité de la passion, de l'envie, du désir, à bâillonner le côté éthique, alors gangréné par la persuasion vidée de la logique du common decency (règles morales communes d'une civilisation), et à faciliter, puis inculquer la corruption par un nihilisme destructeur. Derrière tout ce système, bien des larmes, des regrets, mais on ne transige pas avec le libéralisme libertaire, frère du libéralisme économique, attirant ses proies dans sa toile, et confinant ses sujets à la dépendance et à un individualisme toujours plus acide.
Le pire dans tout ça, c'est l'indifférence du peuple à dénoncer ce calvaire. Les gens sont noyés dans un maelström d'informations, faisant que beaucoup ignorent les faits, ne veulent pas les chercher, et les seuls qui restent n'analysent même pas ces informations, pourtant facile d'accès...