L'Ophélie de Rimbaud

Ophélie

I. Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soirLe vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or

II. O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits,
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu !

III - Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
L'Ophélie de Rimbaud

# Posté le dimanche 08 novembre 2009 10:17

Réflexion sur la peine de mort et sur la "légitime défense" à la française

Réflexion sur la peine de mort et sur la "légitime défense" à la française
J'ai toujours trouvé malsain de voir ces manifestations grandiloquentes, solennelles, officielles, en l'honneur de la mort d'un homme. Je suis révulsée de l'existence même de cette dernière cérémonie, dans lequel le condamné est sanglé, et se voit tué en direct. Malgré les méfaits du criminel, il est malsain de se dire qu'on se réjouit de sa mort, que ce soit d'un contentement vengeur, égoïste, ou pour l'intérêt public. Disséminés aux quatre coins de la pièce, les journalistes prennent leurs clichés, espérant de forts gains économiques. Nouveau jeu du cirque, ou seule la voie du "nouvel empereur" peut gracier le condamné. Quelquefois la justice s'est fourvoyée, et le condamné se voit injecté du bromure de pancuronium dans les veines sans pouvoir clamer une dernière fois son innocence. On exploite ce filon, on en débat, mais cela ne change rien, un homme est mort, devant nos yeux, publiquement, et son martyr a été une distraction populaire, un exutoire amère pour une famille déchirée par la destruction. A partir de quand sommes nous censés réclamer le supplice irréversible ? Je ne saurais voir dans ce plaisir tacite mais pas moins sadique, une névrose particulièrement humaine, le besoin de lynchage, l'envie subite de voir un homme piétiné plus bas que terre pour se relever de ses propres faiblesses. Nous sommes face à un faux-semblant de justice, une fausse raison de se dédouaner de ses instincts les plus cruels, ce qui demeure d'une banalité affligeante dans un monde que nous vivons presque virtuellement, à force de vouloir rêver notre réalité plutôt que de la vivre.

Ce que je critique ici est la réaction grégaire face à l'injustice et à la criminalité. Un autre crime serait censé guérir le premier. Absurdité tant dans sa sémantique que dans son application. Je mettrais toutefois en garde mes lecteurs sur l'hypocrisie ambiante. Aujourd'hui, en France, le droit des pédophiles et des criminels est sacré. A entendre les politiques, nous avons plus à respecter un criminel qu'un citoyen lambda "d'extrême droite". Comme en Union soviétique, le crime contre le peuple devient "bénin", la déviation idéologique est par contre scandaleuse. Il n'y qu'à voir les éructations contre la "fachosphère" (joli néologisme, en novlangue s'il vous plait !) et avec quel hargne on pourfend, ceux qui peuvent, soit disant, servir la soupe au Front national (et si elle est au cochon, je ne vous raconte pas...). L'affaire Mittérand (cf 2 articles en dessous) est l'exemple flagrant de ma thèse. Il vaut mieux, pour nos élites, faire du tourisme sexuel, pratique odieuse et honteusement néo-coloniale, l'écrire et le commercialiser que tomber d'accord avec Marine Le Pen. Le criminel, lui, est une victime. Abus de la pensée Rousseauiste, car parait il, l'homme est bon par nature, et toutes ses dérives sont à imputer à la vilaine société. Vision naïve, ou au minimum incomplète, mais très utile, surtout lorsqu'il s'agit de vider les prisons. Les angélistes déclameront la bouche en coeur les arguments suivants (et de manière plus incisive si on ose les contredire). On ne les aide pas assez. Il fait bannir la rétention de sureté car elle nierait leurs droits. Pour ma part, je préfère écarter durablement, en tout cas tant qu'ils n'ont pas évolué, les psychopathes nuisibles à la société. Leur permettre de rejoindre le monde libre alors que leurs comportements n'ont pas évolué est irresponsable. Cette vérité n'est pas bonne à soulever pour une certaine intelligentsia qui verra dans cette allégation pointer le vilain et méchant sécuritaire (terme novlangue à connotation négative criminalisant le besoin de sécurité des citoyens). Cela n'empêche pas nos élites de réhabiliter la peine de mort dans le traité de Lisbonne, dans certains cas nébuleux (menaces de guerre, ce qui peut être interprété de manière diverse..). Sur ce texte, pas de cris d'orfraie de Badinter et des engagés. Mieux, il faut le faire revoter (comme en Irlande), le faire passer en force contre le peuple (comme en France et aux Pays Bas) et le faire avaler au forceps, avec un peu de vaseline si possible, à la Tchéquie...

Voyons désormais comment les citoyens peuvent se défendre contre les criminels. Si des alarmes et dispositifs se mettent en place pour protéger avec opiniâtreté les biens, surtout de luxe, les atteintes à l'intégrité physiques des citoyens augmentent. Agressions, vols avec violence, introduction à domicile, tentatives de viol, la crise et la précarité, tout comme l'explosion de la cohésion nationale, voient exploser ces problèmes. La gauche caviar, comme aujourd'hui la droite française, préfèrent pratiquer la politique de l'autruche. Ne rien dire, ni entendre, ni écouter qui puisse être mal. Le mal en question, c'est de regarder en face l'évolution des problèmes de nos nationaux, ce qui mettrait à mal l'application de leur programme mondialiste. L'universalisme de la classe "bourgeoise" implique le nomadisme planétaire des travailleurs. Remettre en cause le postulat des bienfaits du déracinement perpétuel impliquerait une reconnaissance de leur responsabilité, ce qu'ils nient. La décrue des effectifs policier, couplé par leurs règles de repli vis à vis des bandes accentuent encore le marasme. Les palabres vont bon train, mais l'application se dérobe de son objectif principal, servir le peuple. Les français doivent donc se taire, et se défendre eux mêmes, sans malheureusement pouvoir le faire. En effet, le port d'armes leur est interdit. Cette interdiction serait louable et bénéfique pour tous si seulement le milieu délinquant en était dépourvu. Force est de constater que l'on voit fleurir des hordes de kalachnikov, quand ce ne sont pas des modèles plus basiques dans tous les réseaux mafieux ou délinquants. Les fuites d'armes en Europe de l'est ont vivifié le marché sans que les autorités se soient employés à faire le nécessaire (on risque les bavures, voyez vous !).

Rajoutons à cela la structure bien souvent tribale de la bande de délinquants. Le gus lambda, attaqué à 6 contre 1, généralement se fait démonter. Une vidéo récente dans un bus (cf article ancien) avait montré le problème aux français, en plus de soulever les passagers, totalement exsangue, qui n'ont rien fait par peur de se prendre une trempe. Déjà que notre solidarité nationale est pitoyable, le droit n'est guère fait pour que les citoyens s'entraident. Si notre justice passe bien souvent outre le paragraphe de la nécessité d'aider une personne en danger (difficilement punissable dans certains cas, il est vrai), elle se borne à respecter le principe de la proportion en ce qui concerne la légitime défense. Revenons à notre pauvre gus maltraité par 6 sauvageons. S'il se défend à coup de couteaux contre six individus hostiles et désarmés, il est en tort. C'est ce qui est arrivé à une bonne âme ayant l'idée de protéger une femme en train de se faire malmener dans le noctilien. Un boulanger, ayant tiré sur des cambrioleurs armés de battes, s'est vu mettre en examen. A côté de ça, la plupart des agressions restent sans suite, passe sur le compte de la main courante (donc n'engagent pas de poursuites). Par contre Edwige et autres fichages, on y va, surtout pour les trublions un peu politisés et organisés. Quand le Renouveau Français se drapent derrière des affiches hostiles à Fréderic Mitterand, il faut les voir courir, nos forces de l'ordre. Lorsque les identitaires prennent le train Nice-Cannes, il faut observer le comité d'accueil investir les quais. Quand des étudiants bougillon manifestent contre le G20, regardez attentivement le dispositif se mettre en place (sans compter que les casseurs sont rarement les plus interpellés). Tout d'un coup, le misérabilisme policier, on en entend moins parler. Les derniers bataillons sont venus garnir les déjà très nombreux policiers de Neuilly, lorsqu'ils ne se baladent pas directement avec le nimbus hongrois. Vous ajoutez à cela le ton bien souvent peu avenant des volailles locales, lorsque vous portez plainte, et vous aurez les réponses aux questions qui vous revenaient sans cesse... Comme dirait le groupe de Rock Identitaire Ile de France : Bienvenue en France !

# Posté le vendredi 23 octobre 2009 07:50

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 10:32

Le jukebox de mangeuse-de-cochon.sky

Nouvel article. Vous participerez avec moi. Comment participer ? Facile, vous me proposez la chanson de votre choix, et elle sera en lien sur mon blog. Je classerai pas ordre alphabétique selon le nom du groupe ou du chanteur. Tous les styles sont acceptés.

Je commence par un groupe que j'affectionne particulièrement : Dream Theater !

Basshunter
Priviet Russia

Blue Fondation
Eyes on fire

Chopin
Nocturne C# Min op. postuma

Cramberries
Zombie

Delerium
Silence

Dream Theater:
Wither
Forsaken
Anna Lee

Frakass
Ultime délivrance

Guru Josh Project
Infinity

Hatebreed
No Halos For The Heartless

Ile de France
Princesse sans richesse

In memoriam
Resiste

Julia Savicheva
Прости за любовь

Koorpiklaani
Wooden pints

KUF
KUF- The crusaders

Lacrimosa
Apart

Mad World
Gary Jules

Muse
Resistance

Opeth
The Leper Affinity

Paris Violence
Tintin chez les RMIstes

Rammstein
Sonne

Suicide
Frankie Teardop

Svarga
Volchya

Yann Tiersen
Comptine d'un autre été

# Posté le mardi 06 octobre 2009 17:31

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 09:38

Kouchner et Mittérand : il faut sauver le pédophile Polanski !

Je suis désolée de ne pas avoir donné signe de vie depuis un bon moment, mais me voila de retour, et ce blog va donc continuer à s'étoffer.

Par hasard, ou plutôt par ce que l'information a énormément circulé, j'ai appris que le cinéaste Roman Polanski, avait été arrêté en Suisse, puis transféré aux Etats Unis. Voyant que Mittérand et Kouchner semblaient particulièrement outrés par cette arrestation, j'ai décidé d'en savoir un peu plus sur l'affaire. Je ne connais que très peu le palmarès cinématographique du polonais, si ce n'est ces grandes oeuvres, à l'instar de "Repulsion", "Le bal des vampires" ou "Rosemary's baby". Je ne vais pas épiloguer sur sa carrière, ni sur son enfance en tant qu'enfant israélite dans le ghetto de Cracovie, mais aller à l'essentiel, aux faits.

Voici le rappel de ces faits, tel qu' ils sont contés, selon le journaliste Hugo Dumas :
Il semble bien que le cinéaste Roman Polanski, 69 ans, exilé en France depuis 1977, compte encore beaucoup beaucoup d'ennemis aux États-Unis. Et que plusieurs d'entre eux font des pieds et des mains pour saboter son “grand retour dramatique” à la prochaine cérémonie des Oscars. Cette semaine, le site Web The Smoking Gun a publié, en primeur, certains détails jusque-là encore inconnus de l'agression sexuelle que Polanski a commise sur une jeune fille de 13 ans alors qu'il faisait la fête dans la maison de Jack Nicholson, à Hollywood, en 1977. Polanski a tout d'abord offert du champagne et une pilule de Quaalude à la jeune fille, Samantha Geimer, aujourd'hui mère de trois enfants et âgé de 39 ans. Le réalisateur de Rosemary's Baby lui a ensuite dit qu'il voulait prendre des photos d'elle pour le Vogue français. “Enlève tes sous-vêtements et va dans le jacuzzi”, aurait ordonné Polanski, qui a lui-même rapidement ôté tout ses vêtements pour rejoindre son sujet dans le bain à remous. Plus tard, Polanski aurait pénétré et sodomisé Samantha Geimer, jusqu'à ce que la conjointe de Jack Nicholson, l'actrice Anjelica Huston, frappe à la porte et demande ce qui se passait. Geimer a confié à un jury californien “avoir dit non à Polanski plusieurs fois” et qu'elle “avait peur de lui”. Polanski s'est toujours défendu en soutenant que Geimer était consentante. Un vrai cas de Répulsion, il va sans dire.

A la lecture de ce qui est reproché à cet homme, on ne peut qu'avoir le c½ur soulevé. On se demande comment ce monstre a pu vivre dans l'opulence, profiter pleinement de son métier, provoquer des harangues de fans, nager parmi les d'Oscars et autres récompenses alors qu'il a avoué lui même avoir abusé sexuellement de la jeune fille. J'ai honte que mon pays, la France, ait permis à ce criminel de se rendre sur son sol afin d'éviter une condamnation bien méritée. Délais de prescription (qui n'existe pas aux USA pour les crimes) ou non, quelle importance ? Ici, ce qui importait était la justice avec un grand J, et surtout de montrer que nous sommes tous égaux face à nos fautes. Qu'à cela ne tienne, ce n'est pas ce que pensent Kouchner et Mittérand, dont je vais relever les arguments, pour le moins fallacieux. Leur défense me choque, mais ne m'étonne pas pour autant. Au contraire, au moins, ces deux ministres sont très cohérents avec leur passé et leurs idées, ce qui est encore plus grave.

En premier lieu, il est évoqué la carrière artistique pleine de faste et de gloire de l'intéressé. Je poserai tout simplement la question suivante : quel est le rapport ? Existe t'il une immunité artistique ? Avec le réseau, surement plus qu'ailleurs, mais cela ne saurait servir d'argument pour dédouaner des personnalités, déjà protégées, et osons le dire, honteusement privilégiés par rapport au reste de la population. Cet argument, en plus de n'avoir aucune cohérence, nargue les citoyens des classes populaires et moyennes, dont certains auraient pu rêver de leur propre heure de gloire.

Le deuxième argument qui est avancé est l'antériorité des faits. Ils se sont déroulés il y a maintenant plus de trente ans. Néanmoins, comme Polanski est toujours recherché aux Etats Unis, et que la Suisse a signé un Traité d'extradition avec les Etats Unis, celui-ci datant de 1990, la question ne devrait même pas se poser. De ce fait, la faute revient à Roman Polanski, qui aurait du prendre en compte le droit national Suisse, leurs autorités n'ayant que rempli leurs obligations vis à vis d'un partenaire. Légalement, tout est respecté. On se demande donc encore, avec plus d'insistance, pourquoi nos "têtes pensantes" en viennent à pousser des cris d'orfraies.

Dernièrement, il est fait mention de sa propre enfance difficile. Elle l'a été, certes. Cependant, est ce que Polanski a vécu ne serait ce qu'un tiers des difficultés dont peuvent souffrir des gens modestes durant toutes leurs vies ? Je n'en suis pas sure. Subissait-il encore, au moment des faits, une carence alimentaire ou un traitement contraire à la dignité humaine ? Au contraire, il barbotait dans le jacuzzi de Jack Nicholson.

Revenons maintenant à ses défenseurs invétérés. Le cas Mittérand est le plus choquant. Bobo-gauchiste jusqu'au bout des ongles, traître de sa famille politique pour rejoindre la mafia Sarkozyste, le voila qui est censé représenter la culture dans le gouvernement Fillon. Quelle culture au juste ? Son accointance marquée, et son empathie vis à vis du sort de Polanski ne vous étonnera plus après avoir lu un passage de son livre. Je vous conseille de bien souffler et de faire le vide autour de vous avant de le lire, car vous allez être eccoeurré. Voici la citation délictueuse :

« J'ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j'ai lu ce qu'on a pu écrire sur le commerce des garçons d'ici .[...] Je sais ce qu'il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n'en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m'empêche pas d'y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m'excitent énormément [...]

On ne pourrait juger qu'un tel spectacle abominable d'un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable [...] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n'ai plus besoin de réfréner ou d'occulter. L'argent et le sexe, je suis au c½ur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu'on ne me refusera pas. »


Alors qu'il s'exprimait en ces termes sur l'affaire qui nous concerne : « Il y a une Amérique généreuse que nous aimons et il y a aussi une certaine Amérique qui fait peur et c'est cette Amérique là qui vient nous présenter son visage », je ne peux vous confier que pour ma part, c'est lui qui me fait peur. Je me sens honteuse, impuissante, de savoir que nous acclamons des hommes pouvant tenir de tels propos. A côté de ça, encore l'autre jour les médias faisaient un foin pour une déclaration banale de Mathieu Kassovitz. La France de ces dernières années me semble souvent fonctionner à l'envers, à l'encontre toute éthique, de toute cohérence déontologique. Le fossé se creuse de plus en plus entre les français et ceux qui se disent représenter cet état. Par ses déclarations, Frédéric Mittérand fait incontestablement partie de ceux qui ne nous représentent pas.

Je vais finir mon article avec l'éternel Kouchner. Je vous en avais parlé pour son comportement odieux à l'endroit du peuple serbe, et il est aujourd'hui, encore une fois, loin de ma pensée. Pour faire simple, à chaque fois que Kouchner dit rouge, je pense vert. C'est quasiment systématique (et même pas fait exprès). Comme son ancien compère Jack Lang, Kouchner est très "ouvert d'esprit" sur la question de la sexualité infantile. Soixante-huitard, il faisait partie de ceux qui soutenaient les dérives allant avec l'aphorisme "il est interdit d'interdire". Problématique biaisée du bourgeois exigeant de ses marmots l'obéissance, la droiture et une sexualité "sage". Kouchner répond à cette agression "bourgeoise" par la volonté de la libération sexuelle des enfants et des adolescents. Je démonterai cette thèse sommairement après la citation de la pétition, qu'il a signé, protégeant 3 pédophiles.
En 1977, des communistes aux « nouveaux philosophes » toute l'intelligentsia signe une pétition en faveur d'inculpés dans une affaire de pédophilie : Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, Francis Ponge, André Glucksmann, Bernard Kouchner, François Chatelet, Patrice Chéreau, Philippe Sollers, Félix Guattari, Jack Lang. Il s'agit alors de « libérer » les enfants de l'oppression de ces institutions que sont la famille, l'école ou l'église. La pédophilie est une arme de guerre pour détruire l'ordre ancien.
Il était alors dans l'ordre du temps de vouloir briser "le phallus du père" en cassant son autorité, même en ce qui concerne la sexualité infantile. Le sulfureux rouquin a suffisamment surfé sur cette vague pour que je perde mon temps à préciser longuement les propos en question. Il ne faut pourtant pas sortir de l'ENA pour savoir que ce sont justement, le plus souvent, des bourgeois ou des adultes maniaques, qui profitent de la sexualité des très jeunes filles (ou hommes) à leurs dépens. Jouïr tout de suite, et sans entrave, prendre par revers les profanes, dans une jungle ou les sentiments ne comptent que très peu. Profiter d'un corps comme d'un bien, et le laisser choir dans sa désolation, voila la réelle face de la sexualité infantile, initié par des pervers. On entre justement dans le système de Frédéric Mittérand, de gauche et humaniste avec l'argent des autres, mais dont le système de référence reste l'alliance pernicieuse du sexe et de l'argent. Profiter de ses assises pour asservir dans tous les domaines, même en dessous de la ceinture. La barrière morale tombe comme un château de cartes, au profit de riches profiteurs dégueulasses. L'éducation des parents, remise en question, éloigne le périmètre d'action et d'éducation de ceux-ci auprès de leur descendance charnelle, brisant un segment culturel et moral dont leurs enfants ont pourtant besoin. Cela aboutit, par l'irrationalité de la passion, de l'envie, du désir, à bâillonner le côté éthique, alors gangréné par la persuasion vidée de la logique du common decency (règles morales communes d'une civilisation), et à faciliter, puis inculquer la corruption par un nihilisme destructeur. Derrière tout ce système, bien des larmes, des regrets, mais on ne transige pas avec le libéralisme libertaire, frère du libéralisme économique, attirant ses proies dans sa toile, et confinant ses sujets à la dépendance et à un individualisme toujours plus acide.

Le pire dans tout ça, c'est l'indifférence du peuple à dénoncer ce calvaire. Les gens sont noyés dans un maelström d'informations, faisant que beaucoup ignorent les faits, ne veulent pas les chercher, et les seuls qui restent n'analysent même pas ces informations, pourtant facile d'accès...

# Posté le mercredi 30 septembre 2009 14:38

Modifié le mardi 13 octobre 2009 10:05

Tristan et Yseult

Il y a un mois à peine, j'ai fait l'erreur impardonnable d'attirer mon attention sur un film américain, Tristan et Yseult. Heureusement, c'est un film que j'ai regardé sur dailymotion, ce qui limite la déception ressentie. Étant particulièrement intéressée par les légendes celtiques, je me suis dit que la vision du film pourrait me remettre la légende en tête, et me faire passer un bon moment. Désirant juste épancher ma fatigue devant un programme ludique, je n'attendais déjà pas grand chose du spectacle, si ce n'est un minimum de cohérence. Ainsi, j'ai eu le malheur de pouvoir contempler à quel point l'histoire originelle avait été vidée de son sens, trafiquée, totalement vandalisée. Il y a beau avoir plusieurs versions, une possibilité de décalage entre le livre et le film, mais ici, on en vient carrément à s'en demander le rapport avec le titre. Une poignée de sentiment mal retransmis, entre deux acteurs plutôt mignons, voila ce qu'il y a à glaner. Que les américains aient un passé moins riche que le notre, soit. Qu'ils nous subtilisent notre passé et qu'il le mette en spectacle version tout public, passe encore. Qu'ils massacrent littéralement des histoires ayant survécu plus d'un millier d'année, tout cela pour quelques poignée en liasses hautement chiffrées, non, c'est trop. On est eccoeuré. Je vous conseille donc fortement de boycotter leurs pitreries inutile, leurs mises en scène grotesques, leurs mainstreem inélégant et superficiel, et de vous en tenir aux documentaires, tout comme aux archives concernant le sujet. Même si vous n'attendez peut être pas la même rigueur historique que moi, j'espère que mes propos ne tomberont pas dans l'oreille de sourds.

Comme ces traditions orales se perdent, et qu'elles ne sont plus contés comme auparavant, j'ai décidé de faire mon propre résumé. Il sera peut être approximatif sur quelques points, surement mal tourné et non exhaustif, mais il n'y aura pas photo avec le contenu du film.

L'histoire se passe donc entre la Bretagne, l'Angleterre et l'Irlande, au VIII siècle environ. Rivalen, Roi de Loonois (Bretagne armoricaine), se bat pour conserver son royaume. Il subit les assauts répétés du duc Morgan. Pour fêter sa victoire, il s'en va en Cornouailles louer le jeune et puissant Roi Marc. Sur place, il maniera l'épée comme un brave et remportera alors un tournoi. Cette victoire le fera remarquer par la jeune soeur du Roi Marc, dont il tombera éperdument amoureux. Les tourtereaux, Rivalen et Bleunwenn retourneront en Loonois, mais le jeune roi fougueux et intrépide sera assassiné par le duc de Morgan. Bleunwenn, attendant alors un enfant, attendra sa naissance puis se laissera succomber. Son nom sera Tristan, à cause de la tristesse que sa mère a ressenti à la perte de son paternel.

Tristan fut alors élevé par Roald, entraîné par le fidèle Governal, et se distinguera par sa force, son habileté et sa bravoure. Un jour, il se fit enlever par des normands, mais sa capture attira une vaste tempête. Les ravisseurs, affolés, prennent la décision de le libérer en Cornouailles, sur le royaume du Roi Marc, son oncle. Après avoir aidé des chasseurs locaux, il fut présenté à la cour. Il sera très apprécié, divertira le Roi par son aisance à la harpe et son don pour la chasse. Roald retrouve son fils adoptif, et révèle l'identité de celui-ci à Marc (Tristan est donc le neveu de Marc). Alors, le Roi Marc décide d'adouber le jeune garçon, qui deviendra peu à peu le bras droit armé de sa majesté.

Tristan retourne ensuite en Loonois pour venger la mort de son père. De ce fait, il reconquiert son royaume, mais il préfère retourner en Cornouailles auprès de son oncle qui a présentement besoin de lui. Les Irlandais contrôlent plus ou moins la région, et exigent qu'on leur remette chaque année, quelques dizaines d'enfants/adolescent. Chaque année, le Roi Marc s'acquitte de ce tribut. Tristan refusera que la routine continue et provoquera en duel Morhoult, le fils du Roi d'Irlande. Il vaincra par sa vaillance mais sera blessé par la lame du guerrier irlandais.

Devant l'impossibilité de sa guérison en Cornouailles, notre Tristan fortement diminué se laissera porter par les flots. Il divague jusqu'en Irlande, ou il sera guéri par la nièce du Morhoult, Yseult. Il ne déclinera donc pas son identité, et pourra admirer la magnificence de la plus belle fille du royaume. De retour en Cornouailles, Tristan est l'objet de la jalousie des barons (rois locaux gravitant autour de Marc) de son oncle. Craignant que le roi ne fasse de Tristan son héritier, ils font pression sur le roi pour qu'il se marie. Tristan est alors chargé de trouver la jeune fille à qui appartient le cheveu blond déposé par une hirondelle sur la fenêtre du roi. Déguisé en marchand, il va de contrée en contrée et arrive en Irlande. Le pays est alors dévasté par un serpent (parfois il s'agit d'un dragon) et la reine a promis la main de sa fille à celui qui le combattrait. Tristan réussit l'exploit mais il est empoisonné par le serpent géant. Ils tombent dans l'herbe, et ayant au préalable attaché la langue du serpent à ses pieds. De son côté, un sénéchal rouquin trainant dans le coin se fait passer pour le réel vainqueur. Yseult retrouve Tristan, et découvre le mensonge du sénéchal, pour lequel elle n'avait que très peu d'estime. A nouveau notre héros bénéficie des soins de la reine Yseut. Guéri, il obtient la main d'Yseut La Blonde mais elle reconnaît en son futur époux le meurtrier de son oncle et refuse. Elle accepte cependant pour échapper à un autre prétendant. Tristan accepte la main de la jeune fille, non pour lui, mais pour son oncle.

Tristan amène la jeune fille pour qu'elle soit l'épouse du Roi Marc. Celle ci amène avec elle sa servante Brangien. Sur le bateau qui les ramènent en Cornouailles, Briangen pour les désaltérer, leur fait boire par erreur, le philtre d'amour que la reine avait préparé pour sa fille et son époux. Irrésistiblement, les deux jeunes gens s'aiment et deviennent amants. Arrivée en Cornouailles, Yseult épouse le roi Marc, mais c'est Brangien, dans l'obscurité, qui prendra sa place dans le lit conjugal pour la nuit de noces. En effet, si le Roi avait découvert qu'Yseult n'était pas vierge, alors elle aurait été condamnée à mort.

Les sentiments du philtre faisant toujours effet, ils se voient intimement, en cachète. Les barons se saisissent de l'occasion pour essayer d'écarter Tristan de la cour. Ils vont chercher un nain, Frocin, qui sera l'instigateur de tout les stratagèmes contre le couple illégal. Une première fois, les deux amoureux déjouent le piège de Frocin en voyant l'ombre du Roi dans l'eau du lac. N'abandonnant pas, les barons désirent à nouveau éloigner Tristan. Pour cela il demande au Roi de lui confier une mission pour laquelle il devra partir au petit matin. Frocin rependra de la farine entre le lit de Tristan et celui de la Reine, afin de prendre Tristan en flagrant délit via son emprunte. Tristan tombe dans le piège, et les deux amants seront condamnés au bûcher.

Alors, il s'ensuit une errance dans la forêt, ou trois ans durant, les protagonistes survivront bon gré mal gré, ensemble. Ils sont découvert par un paysan, qui alerte alors le Roi. Tristan ayant entendu le paysan, il prend alors ses précautions. Après un long temps de recherche, le roi les surprend endormis dans la grotte qui les abrite, l'épée de Tristan plantée dans le sol entre eux deux. Le roi pense qu'il s'agit d'un signe de chasteté et respecte la pureté de leurs sentiments. Dés lors ils regrettent leur passé et par lettre, ils demandent la permission au roi de Marc de réintégrer le château et leur place respective. Le roi accepte le retour d'Yseult mais Tristan doit s'exiler. Marc souffre d'être séparé de son neveu aussi Yseult lui propose-t-elle de faire serment devant les autorités de l'église qu'elle n'a jamais entretenu de relations coupables avec Tristan : les barons seront bien obligés de la croire et tout le monde vivra en paix. Elle organise la cérémonie : pour se rendre au lieu dit, le "Mal Pas" elle traverse un marécage juchée sur les épaules de Tristan déguisé en Lépreux et jure que " Jamais aucun homme ne pénétra entre ses cuisses, sauf le lépreux qui se fit bête de somme pour la faire passer le gué, et le roi Marc, son mari". Tristan peut rentrer à la cour et les amants peuvent s'aimer à nouveau. Toujours surveillés par les barons, Tristan se venge d'eux en les tuant. Il décide de lever les voiles pour épargner une situation difficile à Yseult.


Il s'éloigne sur les terres bretonnes, ou il se mettra au service du duc Kaherdin. Il l'aidera à se débarrasser des seigneurs locaux et l'enracinera en ses terres. Il fit alors la rencontre de sa s½ur, la belle Yseult aux mains blanches. Il n'est attirée que par son nom quand elle l'aime avec passion. Un an après leur union, Kaherdin découvre que sa s½ur est toujours vierge. Il désire alors tuer Tristan, lorsque celui-ci lui avoue en aimer une autre. Les deux amis vont donc ensemble en Cornouailles pour quérir Yseult la blonde. Trompée par Cariado, Yseult pense que Tristan ne l'aime plus. Du coup elle l'empêche de l'approcher. Le voyant partir, elle culpabilise et se ceint d'un cilice, jusqu'à ce qu'il revienne.


Tristan revient en se teignant le visage à l'aide d'une liqueur d'herbe. Il se déguisera alors en fou pour amuser le Roi Marc. Il en profitera pour essayer de parler à Yseult. Etant méconnaissable, elle refuse de croire qu'il est Tristan. Celui ci prononce pourtant le nom de Tantris, son pseudonyme en Irlande, alors qu'il devait ne pas divulguer son nom. Grâce à Brangien, Yseult finit par croire le fou. Les amants se retrouvent mais sont surpris par les chambellans (officier en service à l'intérieur de château). Ceux ci ne divulguèrent pas l'histoire au Roi, mais Tristan regagnera la Bretagne malgré tout.

Au cours d'un combat qui l'oppose à un géant, Tristan est grièvement blessé et a besoin des dons d'Yseult La Blonde pour guérir. Il l'envoie chercher en Cornouailles par Kaherdin, son beau-frère, et tous deux conviennent d'un code : selon que la voile sera noire ou blanche, l'entreprise aura échoué ou réussi. Quand Yseult aux Blanches Mains aperçoit le navire à son retour, dévorée par la jalousie, elle annonce à son mari que la voile est noire. Tristan meurt de chagrin et sitôt débarquée, Yseult la Blonde meurt sur le corps de son amant. Selon la légende, même si leur tombeaux resteront séparés, selon les v½ux d'Yseult aux blanches mains, des ronces iront toujours d'un tombeaux à l'autre, même après qu'on les ait coupé. Ainsi après la mort tout comme durant leurs vies, malgré qu'on ait cherché à les séparer, les amants ont toujours su se réunir.


Musique : "Celtic dream" d' Alan Simon

# Posté le vendredi 04 septembre 2009 15:07