La Suisse, les minarets et les muezzins

La Suisse, les minarets et les muezzins
Comme vous avez certainement été mis au courant, le pays du gruyère et du chocolat a refusé par 57.5% la construction de minarets sur son sol. Ainsi, malgré une campagne, ou seuls l'UDC et l'UDF avait appelé à accepter les termes du référendum, la population a tranché par une large majorité dans ce sens. Un coup dur pour les parangons de la tolérance et du "multiculturalisme". La Suisse est l'un des seuls pays européens ou la démocratie directe est employée de manière régulière. La population musulmane a doublé en moins de 10 ans, et s'est multipliée par 20 depuis les années 70. Le nombre de musulmans se chiffre environ à 350 000 mahométans, soit un peu plus de 4% de l'ensemble de la population helvétique. La Suisse, symbole d'équilibre du temps des États-nations, risque fort d'apparaître de plus en plus comme une enclave à réduire...

Décision populaire, elle pouvait être commentée, mais guère subir des insultes diffamatoires. Selon Libération, il s'agit du "vote de la honte". Nos chaîne télévisées ont employé sans complexe les termes de "haine", "sirènes xénophobes", "racisme", "amalgame dangereux". Syndrome de la constitution européenne, les citoyens ne votent bien que lorsqu'ils choisissent en leur âme et conscience ce que l'establishment désire. Peut être, va t'on faire revoter les suisses comme on l'a fait pour les irlandais ? L'objectivité journalistique a été une fois de plus totalement absente, c'est le moins que l'on puisse dire... Ce qu'on oublie de rappeler, c'est que la liberté religieuse, en Suisse, n'est en aucun cas menacée par ce vote, qu'elle ne l'a jamais été, et que de nombreux projets de constructions de mosquées sont à l'œuvre dans tout le territoire suisse.

Ce sont d'ailleurs les écologistes suisses qui menacent de sanctionner le vote de la population devant la cour européenne des droits de l'homme, à Strasbourg. Drôle de façon de défendre la volonté du peuple ! Je m'étonne également des velléités d'ingérence de bon nombre de français désirant donner des leçons à leurs homologues suisses. Paradoxe presque hilarant dans l'hémisphère gauche suisse, on tend la menace de la fuite des capitaux saoudiens. Ce constat est littéralement hallucinant lorsqu'on connait l'historique de l'argent sale lavé dans ce pays, ces propos émanent des chantres de la redistribution. Que ces individus se hâtent de se rendre en Arabie saoudite, pour goûter à la tolérance religieuse que les autorités seraient prêtes à leur offrir ! Je m'en gausse d'avance.

Ce qui a pu semer la confusion, c'est la menace du chant du muezzin. Selon la constitution Suisse, il est interdit. Cependant, une constitution ne saurait être immuable. Les suisses n'ont d'ailleurs qu'à faire un tour chez leurs voisins français, ou les revendications religieuses vont désormais beaucoup plus loin. Au sein de l'hexagone, ce sont les forces de l'ordre qui encadrent les prières musulmanes dans les rues du 18ème arrondissement de Paris (contre la loi française). Riposte laïque nous a même informé sur le présence de 10 hauts parleurs pour accompagner les fidèles, en pleine rue. Des "dhimmis" voulant emprunter leur chemin coutumier, se sont faits éconduire par les policiers français, ou insulté copieusement par les dévots. Pas un mot de Caroline Fourest sur cette situation contraire à la laïcité française. Son silence a par contre été brisé, lorsqu'elle s'est indignée contre les votations suisses. Pour en revenir au "faux débat" sur l'appel à la prière public, je comprends les réticences suisses. Je me réfère à la socialiste Suisse Sandrine Salerno qui a déclaré le message suivant : «A titre personnel, je ne vois pas de grande différence entre des cloches ou un muezzin. Le débat n'a pas lieu d'être puisqu'il n'y a pas de revendications. Mais le monde dans lequel on vit bouge. Si, demain, il devait y avoir des chants de muezzin en Suisse, je répondrais: et alors? Ensuite, c'est une question de perception. L'important en démocratie, c'est de pouvoir confronter les points de vue et questionner les usages.» La question des cinq prières journalières est donc moins fermée qu'elle n'en a l'air. A ce titre, je comprends le vote suisse, qui ne s'est pas manifesté comme un vote "raciste", mais comme un vote de prudence face au chamboulement que connait la Suisse, et à fortiori l'Europe entière. Il reste en outre la question architecturale, ou le paysage de certains lieux manquerait alors de cohérence, de bon goût. L'argument de comparer les cloches au muezzin est fallacieux, étant donné que les nuisances sonores ne sont pas analogues, et que le bruit des cloches ne sauraient être un message intrinsèquement religieux.

Venons en maintenant aux condamnations du monde musulman. Elles concernent principalement d'une organisation musulmane Indonésienne et d'un mufti Égyptien. Le plus grand pays musulman du monde, comme on l'appelle, sans mauvais jeu de mot, devrait pourtant se concentrer sur ses propres problèmes avant de pester contre les helvètes. Des attentats contre les chrétiens s'y déroulent chaque années, et la liberté des chrétiens est elle aussi en train de se réduire comme peau de chagrin. En mai et en décembre 2008, deux villages majoritairement chrétiens ont été détruits, causant la mort brutale de trois chrétiens et la fuite de milliers d'habitants. En juillet, les 1500 étudiants chrétiens ont été transférés de force après des émeutes à Jakarta. En 2008, plus de 30 églises ont été fermées. En Suisse, je le rappèle, on ne ferme pas les mosquées, on ne désire juste que des minarets ne soient pas construits, ni plus, ni moins. Pour l'Egypte, le constat est encore plus édifiant. Prétextant la grippe porcine, quasiment tous les porcs ont du être tué, ce qui a été un coup de poignard dans le dos de la minorité chrétienne. Conversion forcée, rapts de jeunes chrétiennes,voile obligatoire sous risque d'être mariée de force à un islamiste,négation étatique de leur existence même (ramené dans les statistiques officielles à un ridicule 7 %),vexations populaires, meurtres, massacres dans des villages de Haute-Egypte, incendie de leurs lieux de culte, impossibilité de construire des églises à moins de 100 m d'une mosquée (avec la conséquence que les islamistes demandent - et obtiennent - immédiatement la construction d'une mosquée dès le moindre projet), voila le quotidiens des chrétiens d'Égypte. Il serait temps que ces gens, au lieu de regarder la paille dans l'oeil Suisse se concentre sur l'énorme tronc de sequoia dans le leur. Je rappelle également que les chrétiens d'Orient ont une légitimité supplémentaire car leur présence est antérieure à l'instauration de l'islam. Pour ma part, j'ai beaucoup d'estime pour le passé égyptien, et même pour son nationalisme à une certaine époque, mais je ne peux me résigner à pardonner sa politique actuelle, et encore moins accepter leurs leçons.

Nous devons donc réfléchir sur le choix suisse au lieu de le condamner. Je connais moi même des suisses, très à gauche,"farouchement laïque", qui ont voté pour cette interdiction à cause de la visibilité trop importante de la religion dans la vie civile. Je connais un juif et des musulmans suisses en faveur du résultat du référendum, ce qui remet en question l'idée répandue du vote "chrétien intolérant". Diffamations, basses attaques, insulte envers le peuple suisse et chantage au racisme, voila ce que les "séides" du "vivre ensemble" ont apporté pour faire taire leurs contradicteurs. Plus de débats, que des passions et une pensée unique dogmatique, voila ce qui sclérose le débat public. Finalement, l'affiche (ci-dessus) de l'UDC était parfaitement à propos, et si je ne suis pas en accord avec toutes les idées, je soutiens les démarches de ce parti sur ce sujet précis.

# Posté le samedi 14 novembre 2009 16:27

Modifié le lundi 30 novembre 2009 12:08

School Days, ou le pavé dans la marre des "harems mangas"

Afin de donner un nouveau souffle à mon blog, j'ai décidé de chroniquer un anime m'ayant particulièrement marqué. Les aficionados reconnaitront sans peine un titre ayant défrayé la chronique il y a désormais deux ans. Pour les autres, je vous invite à le découvrir, et à réagir à mon analyse. Comme souvent, l'article sera long, donc je vais séparer par des couleurs différentes les divers pans de chronique.

Pour que vous puissiez vous y retrouver, voici la liste des protagonistes de l'histoire.

Makoto : Il est l'(anti-) héros de l'histoire. Au début, adolescent timide lambda, il se remarquer au cour des épisodes par sa lâcheté, son manque de volonté, et son indifférence à l'endroit de ses pairs.

Kotonoha : Jeune adolescente aux formes avantageuses, elle sera convoitée par Makoto dès le début de l'anime. Souffre douleur de sa classe, elle sombrera petit à petit dans la démence.


Sekai : Elle est la dernière personne du "triangle amoureux principal", réunissant Makoto, Sekai et Kotonoha". Dans un premier temps, elle sera celle qui organisera la rencontre entre Makoto et Kotonoha. Le baiser qu'elle échange avec Makoto à l'issue du premier épisodes laissera planer le doute sur ses sentiments véritables.

Otome : Amie d'enfance de Makoto, elle est dans la classe de Kotonoha. Jalouse de cette dernière, elle la persécutera avec ses amies.

Tasuike : Camarade de Makoto, il est spécialement lourd et n'a guère de succès auprès de la gente féminine (sauf avec la pauvre Hikari)

Hikari : Amie de Sekai, elle a un faible pour Tasuike, qui ne le remarque pas.


Setsuna : Amie de Sekai, elle a un faible pour Makoto.

School Days est tout sauf un manga commun, posé, standard, comme pourrait le laisser penser ses débuts (d'où ma volonté de le chroniquer). A l'instar d'une bonne flopée d'anime, il est issu d'un dating sim, soit d'un jeu de simulation de drague, comme beaucoup de jeunes japonais en sont friands. "L'éroge" en question avait fait scandale en raison de ses quelques fins, agrémentés par une dose d'hémoglobine inattendue. Un fait divers particulièrement glauque (une fille ayant explosé la face de son père à coup de hache sur Kyoto) avait différé la diffusion du dernier épisode, particulièrement sujet à polémique. De ce fait, ceux qui partiront avec l'envie de visionner une histoire gentillette, dégoulinant de bons sentiments, emplis de poncifs "soap opéra" à l'eau de rose auront une surprise de taille, et seront très certainement désappointés... Tant pis pour eux.

Venons en à l'histoire proprement dite. Pour simplifier les choses, je vais débuter par une esquisse du scénario puis me concentrer plus en détail sur les personnages et éléments ayant marqués mon attention. En l'espèce, nous avons affaire aux péripéties rocambolesques d'un adolescent quelquonque, Makoto Itou, et à ses déboires affectifs, qui seront dans un premier temps parfaitement communs. Notre héros est l'archétype du jeune garçon discret, renfermé, rentrant dans son logis après les cours sans se faire remarquer, les écouteurs vissés sur ses oreilles de lycéen placide. Pour égayer ses journées taciturnes, il contemple une jeune fille de son âge, dont il n'attend rien, et qu'il ne veut pas nécessairement connaître. Suivant une superstition surement ici d'un commérage lycéen, il la prend au photo par le biais de son téléphone portable. Selon cette rumeur, si on conserve la photo de la fille que l'on aime pendant une semaine sur son portable, alors on finit par sortir avec elle. Ce qui va chambouler le train train quotidien de Makoto, c'est l'arrivée en grande pompe de l'impulsive et pleine de vitalité Sekai. Voyant la timidité de son camarade, elle va l'aider à se rapprocher de Kotonoha, et à faire avancer concrètement leur relation. Ce qui fausse le jeu dès le départ, ce sera l'ambiguïté des rapports entre Sekai et Makoto. Notre anti héros sera hélas vite blasé par le caractère peu expansif de sa petite amie de circonstance. Ainsi, à cause de (ou malgré) lui, il sera amené dans un engrenage infernal, dont il ne sortira pas indemne. Ceux qui ont regardé la série comprendront sans peine à quoi je me réfère. Me limite à dresser un résumé fastidieux de l'anime serait laborieux, donc je vais enchainer avec les points qui me semblaient intéressants d'être analysés.


En premier lieu, il convient de s'attacher à décrire exhaustivement notre "Makoto chéri" (petite pointe acide d'ironie). Tout sauf charismatique, lâche, trouillard, désinvolte, idiot, indécis, égoïste, il cumule toutes les tares possibles et imaginables. Il nous est pourtant décrit, à l'exorde de l'anime comme un garçon sans hisoire, "un mec bien". Au passage, Makoto signifie honnêteté en japonais. L'avis du spectateur, au début tout du moins, ne voit en notre héros qu'un adolescent un tantinet maladroit. Cependant il serait faire une lourde erreur que de croire ingénument que Makoto ait changé d'un pouce au cours de l'histoire. Il est justement très mal préparé à vivre ce qui l'attend. Je vous renvoie dans un premier temps à sa peur de rencontrer sa dulcinée, ou Sekai lui demande s'il reste un homme, ou pas. Sa peur intérieur de changer le cours des choses, comme son manque de volonté très agaçant, l'amènera à ruiner ses rapports avec les autres. On peut également citer ce passage, au cours duquel il préfère flâner dans des boutiques et pianoter sur les touches de ses jeux vidéos au lieu de prendre soin de sa petite amie, qui du coup, ne sert que de décor à son plaisir personnel. Makoto ne comprend rien des autres, et il ne s'en plaint pas d'ailleurs. Son seul ami pour lui faciliter les choses est un livre kitch, duquel il va se séparer car il se rend bien compte qu'il ne servira pas à grand chose pour allonger Kotonoha. Toutefois, il ne saurait être considéré comme un bougre spécialement mauvais et pervers (dans le sens retort, car pervers, il l'est !). Le fait qu'il console Setsuna et l'aide à devenir délégué en est une illustration. Son enfance et sa pré-adolescence, à jouer sans arrière pensée avec Otome le confirme. Les calculs, dans sa démarche, ne se font que selon les circonstances. A l'instar de l'étranger de Camus, Makoto vit le présent sans passion, se borne à satisfaire ses envies au moment présent, sans s'encombrer d'une once de sentimentalisme et d'éthique. Il refuse de respecter les normes sociales malgré lui, et se voit détester pour son manque total d'empathie au cours de l'histoire. Il a pourtant en partie conscience de ses erreurs, mais refuse de les affronter. Il confie à Otome, alors qu'il trompe Sekai et Kotonoha, que quoi qu'il fasse, cela engendre un désastre. Il croit inventer l'eau tiède en proposant en dernier lieu un médecin à Sekai. Makoto semble vouloir nous faire croire que son destin est scellé, auréolé par la fatalité, que le cours des choses est immuable, et que ce n'est pas son attitude lénifiante qui va changer la donne. La solution de facilité lui sied dans chaque situation,et il s'en accommode sans plus de regret que ça. Il s'étonne d'ailleurs vigoureusement quand le cours des choses change de ses attentes. Il est également sidéré que Sekai n'accueille que très froidement (pour faire un euphémisme) l'idée d'intégrer un hôpital. L'ironie du sort voudra que l'idée en question vienne de Kotonoha. Sa fin funeste ne lui aura pas enseigné le béa-bas sur les sentiments humains. Sa dernière pirouette en direction de Kotonoha n'aura surement été que le choix de facilité le plus acceptable, ou il a cru pouvoir se ranger sans encourir de "sanctions".


Dauber sur le défunt Makoto est amplement légitime, mais cela ne suffit pas. Il n'est qu'une pièce du puzzle, qu'un badaud terne ayant profité d'une situation explosive qui le dépassait. Le point fort de ce manga est précisément de n'épargner personne, de rendre chacun responsable, à son échelle. Tous sont coupable, à commencer par Sekai, sans qui rien ne se serait déroulé ainsi. Sekai, l'amie modèle, que ceux qui pensent cela se trompent. Elle trahit Setsuna, qu'elle avait promis de rapprocher de Makoto, en aidant Makoto à aller vers Kotonoha. Elle sape ensuite la relation entre notre anti héros et sa dulcinée aux formes généreuses, en ayant un rôle ambigu dans leur relation. Lorsque Makoto est quasiment le spectateur de ses propres frasques, Sekai veut conduire les choses. Elle fait partie de ses filles qui ne savent pas ce qu'elles veulent, qui désirent contrôler la vie d'autrui, sans pour autant avoir de place définie. J'en veux pour preuve lorsqu'elle avoue benoitement à Makoto qu'elle est lassée des soap opéra coutumier, et que pour elle, rien ne vaut son immixtion dans des couples "irl". Capricieuse, elle sera sans cesse en colère lorsqu'elle perdra une place de premier plan auprès de notre héros. Qu'elle l'ait aimé, ou qu'elle joue la comédie, elle restera toujours ambigu. Le doute s'installera durablement après le déroulement de "ses entrainements", ou elle aide Makoto "sexuellement". Lorsqu'elle émettra le désir de cesser son double jeu, il sera trop tard, le spécimen Motoko étant rongé par ses envies irrépressibles de chair fraiche. Cela aura la conséquence de la mettre hors d'elle, de la plonger dans une déprime durable. Par le voyeurisme lycéen, elle voit Makoto et Otome ensemble lors de la fête du lycée, filmé en train de s'ébattre. Cette caméra dans cette salle précise montrera à quel point la société est basé sur le sexe, tout comme les discussions, sans tabou sur le sujet. Elle simulera alors la femme enceinte pour tenter de ramener son amant dans son périmètre. En vain. L'égoïsme et le déni de responsabilité aura définitivement pris le pas sur ce dernier. Sekai n'aura donc qu'à terminer par le meurtre le jeu dont elle avait voulu, et cru, prendre les commandes.

Les autres personnages ne sont guère mieux lotis. Koronoha finira par errer dans une démence flippante, au lieu de se faire calmement une raison. Bovariste endurcie, elle fuit sa réalité constamment dans des bouquins mièvres et pompeux, et déconnectera totalement son esprit du monde réel. Makoto, un gladiateur romain ? Quelle farce. Il sera alors temps pour elle de larguer les amarres du "Nice Boat", avec la tête inanimé de Makoto pour seule compagnie.


Otome bénéficie peut être du plus de circonstances atténuantes. Amie d'enfance du futur cadavre, elle se laissera bercer par ses sentiments de collégienne. La relation platonique et amicale qu'elle a pu vivre avec Makoto lui a enraciné un amour profond pour celui-ci. Le comportement de Makoto durant le collège, résolument amical avec elle, prouve bien qu'il n'était pas fondamentalement pervers, et plutôt mal préparé. Otome a d'ailleurs beaucoup souffert de n'être pour lui qu'une éternelle camarade de jeu, une connaissance dont il a totalement ignoré son versant féminin. Dans un premier temps, elle se laissera donc séduire par le nouveau Makoto, entreprenant et lorgnant sur son anatomie. Tortionnaire de la pauvre Kotonoha, elle lui crachera sa jalousie sous forme de brimades quotidiennes. Prise au piège par "notre tombeur malgré lui", elle cessera de s'en prendre à elle. Elle sera la première à rompre définitivement ses liens avec Makoto, comprenant qu'il s'était détaché de toute envie de comprendre son entourage.
Quant à Hikari et aux amis d'Otome, elles ne seront que des pitoyables suiveuses sans personnalité. Tombées un bon matin dans le lit de Makoto car elles ont voulu tester la chose avec une personne dont la réputation devenait sulfureuse. Hikari en a oublié Tasuike, à force de vouloir repousser les choses. Les préparatifs devant aller lentement sont tout de suite passés à la vitesse supérieure avec Makoto. Quant au pauvre Tasuike, il restera jusqu'au bout complètement à côté de la plaque, ignorant Hikari et rendant encore plus démente Kotonoha. En clair, seul une réputation sulfureuse a permis à Makoto de devenir le collectionneur qu'il a été. Certains esquisseront un sourire moqueur et crieront à l'irréalisme. Comment ce pauvre no life a t'il pu se transformer subitement en un véritable tombeur ? Je répondrais que la portée symbolique n'est pas totalement biaisée, et qu'elle supplante largement la naïveté du scénario. Les gens s'intéressent, hélas, bien plus à une personne quand elle est tributaire d'une réputation, même houleuse. Ce n'est pas sans esprit que Madonna nous disait que tant qu'on parlait d'elle, elle s'en contentait. L'important est de graver son emprunte, pas de sculpter une statue parfaite. De ce fait, Makoto devient un détail, un sinistre sir jeté en pâture par les circonstances, c'est l'environnement qui est le premier responsable des moult "anicroches" de cet anime.


Parlons en, de cet environnement. Dépouillé, terne, répétitif, il n'est guère avenant, si ce n'est plutôt repoussant. Toit d'école, quai, appartements banals, salles de classe, limitent drastiquement le décor. On est face à un paysage urbain dénué de toute fantaisie et de toute gaieté. Il se dessine une société déshumanisée, désenchantée, occidentalisée, ou le train train quotidien est pesant et ennuyeux. "L'anatomie" féminine y est en premier plan car elles semblent plus parler que les relations individuelles entre les élèves. Le téléphones portable, avec ses sempiternels SMS, est l'incarnation même de ces relations impersonnelles, qui semblent être la norme de ce lycée. On le voit, ce sont les portables qui ont remplacé la féérie des croyances et des légendes. C'est ce portable qui fait espérer les protagonistes, par les réponses, et par l'interconnection qu'il dresse entre les protagonistes. C'est la zapette de Makoto, son outil de prédilection, qui lui permet de passer en 3 clics d'une fille à l'autre. Cet outil lui permet également de fuir ses responsabilités, en disant clairement ce qu'il ne peut pas dire en face. Sekai semble également être prisonnière du téléphone, lorsqu'elle annonce son geste désespéré à Makoto ... par téléphone. Une chose m'a également frappée. C'est l'absence de la famille, des proches, la distance entre les adultes, totalement absents, et les adolescents. Ceux ci ont l'air totalement livrés à eux mêmes, sans repère. Le professeur n'apparait jamais à l'écran. Il apparait comme un automate qui psalmodie une rengaine totalement inintéressante car il semble obligé de le faire. Les parents, aussi, ne sont jamais présents. Les japonais, pourtant très pointilleux en ce qui concerne les relations familiales, j'ai été très étonnée de leur absence au cours des 12 épisodes. Au fond nous voyons ces jeunes, totalement paumée, seuls, dans un monde désenchantée se casser les dents sur des problèmes auxquels ils n'ont pas réfléchi. On le voit de manière encore plus presciente lorsque l'anime dérape et que des événements grave se déroulent face à nous. La désinvolture crasse de Makoto vient encore confirmer ce constat de vide, d'isolement

Au final, School Days est comme une énorme tarte dans la tronches des ecchis, ou des mangas de cet acabit. Un énorme pavé dans la marre. Lorsque dans Kanon, le protagoniste peut semer ses amourettes aux quatre vents, pour revenir "avec sa dulcinée" sans encombre, School Days ne le voit pas de cette oreille. On ne temporise pas la colère de Kaede, comme dans le très inégal Shuffle!. Ici, l'amour fait mal, déchaîne les passions, on marche sur du charbon ardent, on hurle, on crie, et le contexte fait maudire, pleurer... tuer. Même si ce n'est pas révélé expressément au début, la pression monte petit à petit, jusqu'au point fatal de non retour. Il n'y a pas de fille sur un plateau d'argent, toute proprette et mise à disposition auprès d'un panel d'abrutis lubriques. Il y a des jeux interdits. Ce n'est pas une romance, loin d'être un fleuve tranquille, c'est une gageure aigre, au chacun en prend pour son grade, paie pour ses fautes. Les histoires d'amours peuvent être douces et sirupeuses, mais également finir en thriller horrifique. Cet anime choque, fait réagir, réfléchir, laisse une marque indélébile au spectateur. Il serait à mon sens très difficile de ressentir l'indifférence crasse de notre héros, surtout quand on voit ou celle ci l'a mené. Le monde n'est pas un conte de fée. Les bisounours ne sont pas nos voisins, aussi affables qu'ils peuvent être. On ne s'engage pas comme on choisit un dessert dans un immense buffet. Les autres ne sont pas la pour passer le temps, ou pour servir d'objets de circonstance. Notre liberté aux dépens des autres paient, des fois très cher... Voila ce que cet anime nous enseigne. Hélas, il insiste bien sur les éléments qui agissent sur notre environnement, et qui font que, sans mauvaise intention, nous pouvons reproduire ce schéma. Car oui, la situation actuelle, derrière son côté "meilleur des mondes" est propice aux abus, aux jeux malsains, aux trahisons, aux moutonnismes, et nous éloigne de ce qui devrait réellement nous importer...

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 10:22

Modifié le samedi 14 novembre 2009 09:00

L'Ophélie de Rimbaud

Ophélie

I. Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soirLe vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or

II. O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits,
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu !

III - Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
L'Ophélie de Rimbaud

# Posté le dimanche 08 novembre 2009 10:17

Réflexion sur la peine de mort et sur la "légitime défense" à la française

Réflexion sur la peine de mort et sur la "légitime défense" à la française
J'ai toujours trouvé malsain de voir ces manifestations grandiloquentes, solennelles, officielles, en l'honneur de la mort d'un homme. Je suis révulsée de l'existence même de cette dernière cérémonie, dans lequel le condamné est sanglé, et se voit tué en direct. Malgré les méfaits du criminel, il est malsain de se dire qu'on se réjouit de sa mort, que ce soit d'un contentement vengeur, égoïste, ou pour l'intérêt public. Disséminés aux quatre coins de la pièce, les journalistes prennent leurs clichés, espérant de forts gains économiques. Nouveau jeu du cirque, ou seule la voie du "nouvel empereur" peut gracier le condamné. Quelquefois la justice s'est fourvoyée, et le condamné se voit injecté du bromure de pancuronium dans les veines sans pouvoir clamer une dernière fois son innocence. On exploite ce filon, on en débat, mais cela ne change rien, un homme est mort, devant nos yeux, publiquement, et son martyr a été une distraction populaire, un exutoire amère pour une famille déchirée par la destruction. A partir de quand sommes nous censés réclamer le supplice irréversible ? Je ne saurais voir dans ce plaisir tacite mais pas moins sadique, une névrose particulièrement humaine, le besoin de lynchage, l'envie subite de voir un homme piétiné plus bas que terre pour se relever de ses propres faiblesses. Nous sommes face à un faux-semblant de justice, une fausse raison de se dédouaner de ses instincts les plus cruels, ce qui demeure d'une banalité affligeante dans un monde que nous vivons presque virtuellement, à force de vouloir rêver notre réalité plutôt que de la vivre.

Ce que je critique ici est la réaction grégaire face à l'injustice et à la criminalité. Un autre crime serait censé guérir le premier. Absurdité tant dans sa sémantique que dans son application. Je mettrais toutefois en garde mes lecteurs sur l'hypocrisie ambiante. Aujourd'hui, en France, le droit des pédophiles et des criminels est sacré. A entendre les politiques, nous avons plus à respecter un criminel qu'un citoyen lambda "d'extrême droite". Comme en Union soviétique, le crime contre le peuple devient "bénin", la déviation idéologique est par contre scandaleuse. Il n'y qu'à voir les éructations contre la "fachosphère" (joli néologisme, en novlangue s'il vous plait !) et avec quel hargne on pourfend, ceux qui peuvent, soit disant, servir la soupe au Front national (et si elle est au cochon, je ne vous raconte pas...). L'affaire Mittérand (cf 2 articles en dessous) est l'exemple flagrant de ma thèse. Il vaut mieux, pour nos élites, faire du tourisme sexuel, pratique odieuse et honteusement néo-coloniale, l'écrire et le commercialiser que tomber d'accord avec Marine Le Pen. Le criminel, lui, est une victime. Abus de la pensée Rousseauiste, car parait il, l'homme est bon par nature, et toutes ses dérives sont à imputer à la vilaine société. Vision naïve, ou au minimum incomplète, mais très utile, surtout lorsqu'il s'agit de vider les prisons. Les angélistes déclameront la bouche en coeur les arguments suivants (et de manière plus incisive si on ose les contredire). On ne les aide pas assez. Il fait bannir la rétention de sureté car elle nierait leurs droits. Pour ma part, je préfère écarter durablement, en tout cas tant qu'ils n'ont pas évolué, les psychopathes nuisibles à la société. Leur permettre de rejoindre le monde libre alors que leurs comportements n'ont pas évolué est irresponsable. Cette vérité n'est pas bonne à soulever pour une certaine intelligentsia qui verra dans cette allégation pointer le vilain et méchant sécuritaire (terme novlangue à connotation négative criminalisant le besoin de sécurité des citoyens). Cela n'empêche pas nos élites de réhabiliter la peine de mort dans le traité de Lisbonne, dans certains cas nébuleux (menaces de guerre, ce qui peut être interprété de manière diverse..). Sur ce texte, pas de cris d'orfraie de Badinter et des engagés. Mieux, il faut le faire revoter (comme en Irlande), le faire passer en force contre le peuple (comme en France et aux Pays Bas) et le faire avaler au forceps, avec un peu de vaseline si possible, à la Tchéquie...

Voyons désormais comment les citoyens peuvent se défendre contre les criminels. Si des alarmes et dispositifs se mettent en place pour protéger avec opiniâtreté les biens, surtout de luxe, les atteintes à l'intégrité physiques des citoyens augmentent. Agressions, vols avec violence, introduction à domicile, tentatives de viol, la crise et la précarité, tout comme l'explosion de la cohésion nationale, voient exploser ces problèmes. La gauche caviar, comme aujourd'hui la droite française, préfèrent pratiquer la politique de l'autruche. Ne rien dire, ni entendre, ni écouter qui puisse être mal. Le mal en question, c'est de regarder en face l'évolution des problèmes de nos nationaux, ce qui mettrait à mal l'application de leur programme mondialiste. L'universalisme de la classe "bourgeoise" implique le nomadisme planétaire des travailleurs. Remettre en cause le postulat des bienfaits du déracinement perpétuel impliquerait une reconnaissance de leur responsabilité, ce qu'ils nient. La décrue des effectifs policier, couplé par leurs règles de repli vis à vis des bandes accentuent encore le marasme. Les palabres vont bon train, mais l'application se dérobe de son objectif principal, servir le peuple. Les français doivent donc se taire, et se défendre eux mêmes, sans malheureusement pouvoir le faire. En effet, le port d'armes leur est interdit. Cette interdiction serait louable et bénéfique pour tous si seulement le milieu délinquant en était dépourvu. Force est de constater que l'on voit fleurir des hordes de kalachnikov, quand ce ne sont pas des modèles plus basiques dans tous les réseaux mafieux ou délinquants. Les fuites d'armes en Europe de l'est ont vivifié le marché sans que les autorités se soient employés à faire le nécessaire (on risque les bavures, voyez vous !).

Rajoutons à cela la structure bien souvent tribale de la bande de délinquants. Le gus lambda, attaqué à 6 contre 1, généralement se fait démonter. Une vidéo récente dans un bus (cf article ancien) avait montré le problème aux français, en plus de soulever les passagers, totalement exsangue, qui n'ont rien fait par peur de se prendre une trempe. Déjà que notre solidarité nationale est pitoyable, le droit n'est guère fait pour que les citoyens s'entraident. Si notre justice passe bien souvent outre le paragraphe de la nécessité d'aider une personne en danger (difficilement punissable dans certains cas, il est vrai), elle se borne à respecter le principe de la proportion en ce qui concerne la légitime défense. Revenons à notre pauvre gus maltraité par 6 sauvageons. S'il se défend à coup de couteaux contre six individus hostiles et désarmés, il est en tort. C'est ce qui est arrivé à une bonne âme ayant l'idée de protéger une femme en train de se faire malmener dans le noctilien. Un boulanger, ayant tiré sur des cambrioleurs armés de battes, s'est vu mettre en examen. A côté de ça, la plupart des agressions restent sans suite, passe sur le compte de la main courante (donc n'engagent pas de poursuites). Par contre Edwige et autres fichages, on y va, surtout pour les trublions un peu politisés et organisés. Quand le Renouveau Français se drapent derrière des affiches hostiles à Fréderic Mitterand, il faut les voir courir, nos forces de l'ordre. Lorsque les identitaires prennent le train Nice-Cannes, il faut observer le comité d'accueil investir les quais. Quand des étudiants bougillon manifestent contre le G20, regardez attentivement le dispositif se mettre en place (sans compter que les casseurs sont rarement les plus interpellés). Tout d'un coup, le misérabilisme policier, on en entend moins parler. Les derniers bataillons sont venus garnir les déjà très nombreux policiers de Neuilly, lorsqu'ils ne se baladent pas directement avec le nimbus hongrois. Vous ajoutez à cela le ton bien souvent peu avenant des volailles locales, lorsque vous portez plainte, et vous aurez les réponses aux questions qui vous revenaient sans cesse... Comme dirait le groupe de Rock Identitaire Ile de France : Bienvenue en France !

# Posté le vendredi 23 octobre 2009 07:50

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 10:32

Le jukebox de mangeuse-de-cochon.sky

Nouvel article. Vous participerez avec moi. Comment participer ? Facile, vous me proposez la chanson de votre choix, et elle sera en lien sur mon blog. Je classerai pas ordre alphabétique selon le nom du groupe ou du chanteur. Tous les styles sont acceptés.

Je commence par un groupe que j'affectionne particulièrement : Dream Theater !

Basshunter
Priviet Russia

Blue Fondation
Eyes on fire

Chopin
Nocturne C# Min op. postuma

Cramberries
Zombie

Delerium
Silence

Dream Theater:
Wither
Forsaken
Anna Lee

Frakass
Ultime délivrance

Guru Josh Project
Infinity

Hatebreed
No Halos For The Heartless

Heaven and hell
Bible black

Ile de France
Princesse sans richesse

In memoriam
Resiste

Julia Savicheva
Прости за любовь

Koorpiklaani
Wooden pints

KUF
KUF- The crusaders

Lacrimosa
Apart

Mad World
Gary Jules

Manowar
Please slave (live)

Muse
Resistance

Opeth
The Leper Affinity

Paris Violence
Tintin chez les RMIstes

Rammstein
Sonne
pussy

Suicide
Frankie Teardop

Svarga
Volchya

Yann Tiersen
Comptine d'un autre été

# Posté le mardi 06 octobre 2009 17:31

Modifié le mardi 10 novembre 2009 05:00